Penser à acheter des stores
Encore des nuages.
Ça n'a aucun rapport mais il faut que j'achète des stores pour placer à la fenêtre de la chambre. Il y a trop de soleil dans ce pays. Au moins à Berlin il pleut souvent. La dernière fois qu'on y a mis les pieds j'ai même trouvé des vinyles de Moussorgski dans une poubelle, de belles éditions "made in DDR", introuvable, sauf d'occasion sur cassette, peut-être. Les allemands. Modestement fanatiques. Mais fanatiques, tous. Du propre partout, des aspirateurs, du nettoyage dominical de voitures masculines, l'après-midi vers dix sept heures. Oui, là-bas d'ailleurs ils ont des Mercedes, mais pas nos belles émissions de service public : "Des chiffres et des lettres", "La dictée de Piveau", que de voyelles de retard pour un peuple habitué aux mots à rallonges et aux robustes constructions. Il est vrai qu'ils compensent cette frustration bien compréhensible, ainsi que toutes les autres d'ailleurs, lors de leur beau Carnaval en costume. La seule fête Nationale du pays fédéral. La chute de l'autre, le Mur, personne ne s'en soucie vraiment, enfin si, c'est aussi important qu'une paire de sandale Birkenstock avec des semelles doublées en nubuk : cela permet de vaquer à ses occupations tout en étant parfaitement à l'aise, et en ayant l'air allemand. Le lobby automobile des voitures germaniques, en Allemagne cela a même valeur que la NRA et le port d'arme aux States. Ce sont tous deux des concepts dont l'acception dans ces pays respectifs est autant partagée que le mot wakapou est incompris par les français. Ça a le dont de mettre en lumière un certain manque de détente.
J'espère que le prochain gouvernement déclarera une plage de repos, cet été à Paris, sous le sable ou derrière les grillages des commissariats à la rentrée. « Les agents de la sécurité publique devront aller à la plage apprendre la grammaire des déserts. »
Je sue, tu es, il H.A.I.T. Nous some.
Apprendre à jouer à la pétanque avec les autres. Ouai, mais ceux-là, ils devaient manquer d'amour.
Je bois Pastis, tu bois Ricard, il boit Ouzo, nous buvons Pastis, vous buvez Raki. Eh, on est pas toujours tous les mêmes.
Il va falloir aller au charbon, mais à pied. J'y vais.
Ok. ...Bon ok. ...Tu poses ta casquette. Tu plonges. Tu sauves le noyé. Tu remets la casquette.
REGARDE ! La cascade de noyés ! Ils ont jamais appris à nager ou quoi ?
Et dire qu'il va falloir tous les gauler, danser un tango avec eux, putain, tu veux vraiment jouer à l'écureuil, accumuler tes noix, charger ton bateau, rêver d'avenir glorieux et opulent. C'est ça mec ? Quand tu seras satisfait de ton accumulite effrénée tu couleras, sans aucun doute. Tes jours heureusement tu les as déjà eu lors de ta danse sans soleil sous tes bons airs hispaniques, bel agent.
A Tindouf tes collègues ont déjà tombé le képi pour le cheiche. C'est plus léger mais ça ne rend pas véritablement plus libre. Être un caniche du désert c'est comme jouer les funambules sur une crête de dune : si tu tombes tu n'auras pas mal, pas d'avantages, car tu n'as déjà plus rien. Du fond de la corbeille on saisi bien mieux l'ampleur de sa profondeur. Allez, ajuste ta cheiche, et va tenir ton mur la tête dans les étoiles carrelées de tes vieux palais d'antan.
Poussière, poussière, allez allez, souviens toi de l'espérance, au charbon vieux, si la vie ça fait mal c'est juste que ça monte, ça descend, ça monte, tu n'es pas entièrement désèché.
Chhh... la mort c'est une fable, On la raconte aux petits enfants. Pour commencer à les sécher du dedans. Si tu as encore cette diarrhée alors, réhydrate toi, bois, plein, plein et réveille-toi.
Et ça repart... Et ne me demande pas où.
Je me demande où je vais, allez, pense à la chute des murs, pour toi. Rien que pour moi.

1 commentaire:
ce commentaire a le mérite d'être le premier. Espérons qu'il ne restera pas seul au monde.
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