Site Meter Précontraint: Une nuit pas comme les autres

24/05/2007

Une nuit pas comme les autres

Mathieu se promène avec sa grand-mère. Mais de gros nuages assombrissent tout à coup le ciel. Mais Mathieu n’a pas de parapluie. Il est embarrassé, il ne pourra pas courir car sa grand-mère n’en a pas la capacité. Il se souvient alors de cette cassette qu’il avait visionné en famille: une aventure mouvementée d’une jeune fille, Christine, qui avait passé une nuit entière dehors et sous la pluie.

C’était une maniaque du ménage. Son aspirateur ayant eu une panne un soir à 8h, elle décida d’aller en emprunter un chez sa voisine. Mais celle-ci vivait à 100m au bord de la rue en face. Jeanne - c’était son prénom - parlait d’une façon peu courante. Elle n’articulait pas les mots: les voyelles étaient plus appuyées lorsqu’elle s’exprimait. Prenant son courage -elle ne pouvait d’ailleurs pas y résister - Christine alla frapper à la porte. Jeanne organisait une fête chez elle avec une dizaine d’invités. Mais remarque étrange, tous les invités portaient des chaussures en nubuck. Peut-être était-ce de mauvais augure. Christine eut un mauvais pressentiment et décida de rentrer aussitôt après avoir eu l’aspirateur. Arrivée sur la rue elle remarqua un corps allongé qui gisait à coté d’une voiture. Un accident était survenu. Elle marmonna quelques mots inintelligibles, peut-être des jurons. Mais le mot que Mathieu avait pu distinguer ce soir là c’était « wacapou ». La lumière des phares éclairait le visage de l’homme accidenté. Il avait les yeux ouverts mais son visage était pâle à faire peur. Ce regard lui sembla familier. Elle chercha quelques instants dans ses souvenirs. Oh! C’était Jérôme, le beau jeune homme qu’elle avait rencontré à la plage. Dragueur, beau, il l’avait même invité à dîner le lendemain soir. Il avait prétendu avoir acheté une nouvelle sorte de grillage qui lui permettait de confectionner un plat au poulet à la perfection. Cet homme avait un vocabulaire très avancé, une grammaire parfaite, quoiqu’il était étranger. Christine le savait, elle avait une maîtrise en lettres. Il avait promis qu’ils arroseraient son plat au poulet grec avec un bon ouzo qu’on venait de lui offrir. Il avait l’air d’aimer la cuisine. Il lui expliqua de long en large sa technique de grillage avec du charbon de bois comme combustible. Mais leur conversation avait été interrompue par les appels au secours d’un surfer qui faisait de magnifiques cascades dans les grosses vagues déchaînées de l’océan. Ce jeune homme qui était sauveteur dut l’abandonner pour porter secours au surfer. Il était parfait. Carrure athlétique, culture avancée. En plus il savait danser le tango.

Toute cette histoire défila en un clin d’œil dans la tête de Christine. Elle avait passé la nuit suivante à imaginer ce dîner. Elle ne savait pas pourquoi mais son imagination situait toujours la scène dans un bateau, un yacht. Peut-être est-ce le côté romantique de l‘eau, à la façon Venise!

Cet homme couché ne bougeait pas. Elle remarqua autour de son cou une cheiche qui lui rappelait ses voyages dans le Sahara. Mais elle en gardait un mauvais souvenir parce qu’elle y avait perdu son caniche: il n’avait pas supporté la température. Dans ce désert, elle avait rencontré un groupe de maliens qui passaient leur journée à essayer de reproduire des tours de funambule dans un cirque. La chaleur n’avait pas l’air de les déranger.

Une corbeille traînait à coté de Jérôme. Il était à moto. Elle regarda le ciel. Des milliers d’étoiles scintillaient. Elle avait vu Jérôme sauver un homme deux jours auparavant, elle devait le sauver. Son souhait le plus ardent, son espérance la plus folle était que l’accident ne lui ait pas été fatal. Elle ne pourrait le supporter, parce que cet homme hantait déjà ses pensées. Il avait éveillé en elle des sensations inconnues …………………………………

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